AEC / CDAC
Mon projet est-il soumis à autorisation d’exploitation commerciale ?
La réponse tient à trois questions : quelle surface de vente, quelle opération, quelle commune. Voici les seuils du code de commerce et les cas qui piègent.
Les seuils d’autorisation
L’article L. 752-1 du code de commerce soumet à autorisation les projets suivants, mesurés en surface de vente :
- La création d’un magasin de commerce de détail de plus de 1 000 m².
- La création d’un ensemble commercial de plus de 1 000 m² — plusieurs magasins réunis sur un même site, sous une même gestion ou avec des accès et parkings communs, comptent ensemble.
- L’extension d’un magasin ou d’un ensemble commercial ayant déjà atteint 1 000 m², ou qui les dépasserait par l’extension.
- Le changement de secteur d’activité d’un commerce de plus de 2 000 m² — ou de plus de 1 000 m² si la nouvelle activité est à prédominance alimentaire.
- La réouverture au public d’un magasin de plus de 2 500 m² fermé depuis plus de trois ans.
- La création ou l’extension d’un drive — point permanent de retrait d’achats commandés par voie électronique — quelle que soit sa taille.
Surface de vente, pas surface de plancher. Seuls comptent les espaces que la nouvelle circulaire rattache à la vente : la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats — sas d’entrée et arrière-caisses d’un seul et unique magasin au sein d’un même bâtiment, allées entre les rayons, escalators et ascenseurs reliant directement le parc de stationnement au magasin ; l’exposition des marchandises — rayonnages, gondoles, stands, temporaires ou permanents ; le paiement — caisses physiques ou automatiques, bornes de paiement, appareils permettant de scanner les achats en rayon ; la circulation du personnel pour présenter les marchandises — comptoirs de présentation. Réserves, laboratoires, bureaux et locaux techniques restent exclus. Pour un drive, seules comptent les pistes de ravitaillement et les zones où le client retire sa commande : les surfaces de stockage et de préparation ne sont plus soumises à AEC.
Le cas des petites communes
Dans une commune de moins de 20 000 habitants, un projet compris entre 300 et 1 000 m² n’est pas soumis à autorisation de plein droit. Mais le maire ou le président de l’intercommunalité peut décider de saisir la CDAC pour qu’elle se prononce. Cette saisine facultative est fréquente dans les territoires où le commerce de centre-bourg est fragile — et elle arrive parfois après le dépôt du permis de construire, ce qui bouleverse le calendrier.
Notre conseil : dans ces communes, prendre contact avec la collectivité avant tout dépôt, pour savoir si elle entend saisir la commission.
Les projets qui n’y sont pas soumis
- Les commerces de gros, les halles et marchés, les pharmacies et les stations-service sans boutique de plus de 1 000 m².
- Les regroupements de surfaces de vente déjà autorisées, sous conditions.
- Certains projets en centre-ville des communes signataires d’une opération de revitalisation de territoire, exonérés par la loi ELAN pour favoriser la reconquête des centres.
Ces exceptions ont des contours précis et évolutifs. Un projet qui s’y croit à tort exposé — ou à tort exonéré — perd des mois. C’est la première vérification que nous faisons.
Ce que change la nature de l’opération
Création, extension, changement d’activité, réouverture : chaque cas mobilise des pièces et des démonstrations différentes. Une extension, par exemple, doit justifier l’évolution du projet initial et l’état de la surface existante ; une réouverture après trois ans doit démontrer la compatibilité du site avec les critères actuels, qui ont pu changer depuis l’autorisation d’origine.
L’essentiel
| Seuil général | 1 000 m² de surface de vente |
| Changement d’activité | 2 000 m², ou 1 000 m² si alimentaire |
| Réouverture | Après 3 ans de fermeture |
| Drive | Toujours soumis |
| Communes < 20 000 hab. | Saisine facultative dès 300 m² |
Un projet à soumettre en CDAC ?
Surface, nature du projet, commune : nous vous disons sous 48 heures s’il est soumis à autorisation et comment le présenter.
